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“Comme l’eau qui coule
”
L’eau, la vie
Abreuvant notre quotidien, l’eau jouit d’un statut exceptionnel dans notre imaginaire. Source de toute existence, la mer maternelle nourrit la terre, comme le fait le fleuve, et le poisson est le fort symbole de la nourriture inépuisable. Nourricier aussi le courant qui féconde les cultures, et plus encore vital le puits salvateur. L’eau peut alors devenir le symbole de la vie que le ciel nous accorde, de la sagesse que délivre le maître spirituel.
L’eau est également la voie vers la pureté et, des ablutions au baptême, est créditée du pouvoir de régénérescence, de départ dans une nouvelle vie. Elle est parfois l’instrument de la colère divine, qui tend à balayer de la terre l’impureté humaine. Et c’est le déluge fondateur, la tempête qui met Jonas face à son destin, l’inondation ambigüe, qui apporte tour à tour le limon fertile ou la désolation.
Et c’est l’eau apprivoisée, fleuve qui relie les hommes, aux rives duquel s’épanouit la nostalgie de la patrie lointaine, source et fontaine qui polarise la vie de la communauté, rigole du jardin secret, rivière qui quadrille le paradis d’Adam comme celui de la vie éternelle.
C’est enfin l’eau des larmes, des regrets, de la demande de pardon, de la douleur incarnée.
L’eau se chante. Le murmure de la source, le fracas des vagues, la pluie bienfaisante, ont leur musique inspirante. L’homme prend le relais et chante l’eau, l’évoque et l’invoque. Son rôle dans les rituels amène la mélodie, le poème. La parabole s’en empare, l’amour s’en mêle. Autour de notre lac méditerranéen, la rareté de l’eau lui donne un prix et exalte le symbole.
Chaque culture alors cultive le chant sacré du liquide divin.